À Paris, les espaces verts privés représentent 5,1 km² sur un total d’espaces verts de 12 km² (APUR 2011). Ils sont peu ou pas protégés en dépit du vocabulaire trompeur du règlement d’urbanisme et des objectifs ambitieux du Plan climat et du Plan biodiversité. En réalité, la pression immobilière conduit à ne voir dans les jardins que des terrains à bâtir potentiels où la nature a de moins en moins sa place. Les exemples se multiplient, avec la main mise des promoteurs sur les terrains de la RATP du square Netter (12e), de la Société foncière lyonnaise avenue Emile-Zola (15e), de la Ville de Paris à l’ESPCI (5e). Ils abattent des arbres, dégradent ou détruisent des espaces verts. Parfois un tout petit projet, tel celui de « l’îlot Navarre » (5e), permet de construire une maison sur une cour arborée en U et peut priver de ciel et de soleil les riverains, troubler un ensemble harmonieux et gêner tout un quartier. C’est la raison pour laquelle la révision du PLU actuel est indispensable pour permettre la sanctuarisation des espaces de nature avant qu’il ne soit trop tard. Les associations parisiennes – sous la bannière de FNE Paris- sonnent l’alerte en engageant une action contentieuse et élaborent des propositions concrètes à destination des élus d’aujourd’hui et de demain.

Christine Nedelec