Canicules : le cas de l’îlot Erlanger

La municipalité prétend lutter contre les îlots de chaleur devant les caméras… mais elle continue de densifier massivement et d’abattre des arbres et des espaces verts loin des caméras.

Dans l’ancienne école située entre la rue Erlanger et le boulevard Exelmans, dans le sud du 16e arrondissement, la Ville de Paris veut abattre une trentaine d’arbres, dont plusieurs arbres matures, pour construire 7 700 m² de constructions pouvant atteindre 8 étages.

Pourtant, on pourrait faire tout autrement sur cette parcelle : préserver ses arbres, conserver cet îlot de fraîcheur, le désimperméabiliser et en faire un véritable jardin ouvert aux habitants.

Ce projet immobilier, vieux de dix ans, avait déjà été annulé par la justice, notamment parce qu’il détruisait « un espace de respiration dans un quartier déjà dense ».

Mais la municipalité s’entête avec un projet quasiment identique.

Pendant que les canicules se multiplient, que Paris manque cruellement d’arbres et que la Ville nous parle d’adaptation climatique, elle choisit encore le béton au détriment du vivant.

Ce n’est pas une fatalité. C’est un choix politique.

La mairie communique à grand renfort d’images sur la place de Catalogne, le parvis de l’Hôtel de Ville et les plates-bandes aménagées dans les rues, présentés comme les symboles d’une ville plus verte et mieux adaptée au changement climatique. Des aménagements qui, d’ailleurs, coûtent des sommes disproportionnées et ne sont pas toujours correctement entretenus…

Mais la réalité, ailleurs, est tout autre.

Depuis des années, nous dénonçons, ici comme dans de nombreux autres quartiers, des projets où des arbres, de la pleine terre et des espaces de respiration sont sacrifiés au nom de la densification. Paris est pourtant la 6e ville la plus densément peuplée du monde.

La capitale souffre d’une énorme carence en espaces verts. Avec seulement 3,1 m² d’espaces verts accessibles par habitant (hors bois), Paris est très loin des recommandations internationales de référence, qui vont de 10 m² à 15 m² par habitant, notamment celles relayées par l’Organisation mondiale de la santé.

La vraie écologie ne se mesure pas aux photos de communication. Elle se mesure aussi à ce qu’on choisit de ne pas détruire.

👉 Nous demandons à la mairie de Paris d’abandonner ce projet et de préserver cette parcelle comme espace vert, au profit d’un projet beaucoup plus raisonnable, respectueux du vivant et bénéfique aux habitants.